On entend par justice sociale l’application des principes qui définissent la répartition équitable des droits économiques, sociaux et culturels. C’est une construction morale et politique fondée sur l’égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains, sans discrimination, de bénéficier du progrès social et économique partout dans le monde. Dans cette perspective, promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois. C’est aussi une question de droits, de dignité et de liberté d’expression.

Ces principes sont reconnus et défendus par tous les acteurs de la scène mondiale et ont été maintes fois réaffirmés dans les textes internationaux (ci-contre). Ils demeurent néanmoins trop souvent bafoués. Dans un contexte de crise, dont le coût social pèse de façon disproportionnée sur les groupes les plus faibles et les plus vulnérables de la société, la pauvreté et les inégalités continuent de croître et ces principes de s’afficher comme les cautions morales et éthiques des institutions et organisations internationales

Complétant les droits fondamentaux définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’idée de justice sociale implique la mise en place et le respect d’autres droits, tout aussi importants et définis 
dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Ils forment un vaste ensemble de droits :

- Le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu’à une amélioration constante de ses conditions d’existence ;
- Les droits du travail, notamment des conditions d’emploi équitables, la protection contre le travail forcé ou obligatoire, ainsi que la possibilité de se syndiquer ou de former des syndicats, le droit à une rémunération procurant une existence décente ;
- Le droit à un logement adéquat, y compris la sécurité légale de l’occupation et la protection contre les expulsions forcées. Le logement doit en outre être abordable, habitable, correctement situé et acceptable ;
- Le droit à une nourriture suffisante, qui signifie notamment ne plus souffrir de la faim et avoir accès ou pouvoir accéder à une alimentation adéquate d’un point de vue quantitatif et qualitatif ;
- Le droit à l’eau, qui couvre, entre autres, la possibilité d’accéder (physiquement et économiquement) à une eau salubre en quantité suffisante, ainsi qu’à des dispositifs d’assainissement adéquats.
- Le droit à l’éducation, et notamment à une éducation primaire gratuite et obligatoire. L’éducation doit en outre être suffisamment disponible, accessible, acceptable et adaptée aux personnes concernées ;
- Le droit à la santé, qui est le droit au meilleur état de santé physique et mentale possible, et qui implique que l’individu dispose de conditions de vie saines et ait accès à des soins de santé satisfaisants ;
- L’égalité des hommes et des femmes au bénéfices des droits énumérés, et plus généralement l’exercice de ces droits sans discrimination aucune fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou toute autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

Les Etats sont responsables du respect des droits humains. Les gouvernements doivent tout mettre en œuvre pour réaliser les droits des populations, les respecter et les protéger. Or dans la pratique, les déclarations ne sont pas toujours suivies d’actes, et ces droits sont bien souvent bafoués, ou tout simplement ignorés.

En produisant et relayant de l’information, en mettant en lumière les nombreuses atteintes à ces droits, ROL entend « lutter haut et fort » pour la justice sociale. En organisant des débats, des projections sur ces thématiques, ROL espère toucher le plus grand nombre de personnes et permettre ainsi la mise en place de politiques garantissant et sécurisant l’ensemble de ces droits.